Il avait une fleur à la main, avec de longs pétales blancs auréolant une tache jaune.
Il avait une fleur à la main, qu'il m'a tendue sur le pas de la porte, presque gêné, visiblement désolé.
Il devait être 23h lorsque je suis descendue du taxi et ai monté les escaliers de bois au 1920 2nd Avenue East.
Il m'attendait depuis quelques minutes, silencieux. Je pris les clefs qu'il me tendait, ouvris les deux portes qui me séparaient de ma chambre, et m'assis sur ce lit double dont le sur-matelas glisse sans cesse.
Une vague d'incertitude semblait s'être abattue sur lui. Lui et son avenir incertain, ses maux inexprimés, son manque d'études et d'argent, son désir, besoin même, de voir le monde et d'aider l'Autre, de faire sourire cet Autre. Ces autres. Et même moi.
Avoir revu son père cet après-midi là a ramené à la surface des souvenirs qu'il tentait visiblement de laisser périr dans un coin.
Après avoir vu son père et un autre individu du Salvador, après avoir juré en espagnol contre les autres automobilistes, nous avons écouté de la musique indienne et sud-américaine sur Granville Island où, en ce Canada Day commémorant la création de la confédération canadienne [British North America Act/Constitution Act - 1er juillet 1867], flottait une odeur chaude de curry.
Le matin, déjà, alors que nous marchions sur Commercial Drive, nous vîmes tant de sourires, d'enfants et de bras nus, que nous sûmes que, oui, on allait célébrer la fête nationale. Allant a Chinatown, puis rejoignant le Centre Ville via Gastown, nous croisâmes des drapeaux, tant de drapeaux, du rouge et du blanc, et une feuille d'érable en son milieu.
Glace au Food Court du Pacific Centre. Jugo Juice. Et la violoniste tentant de financer sa tournee prochaine à l'angle de Robson et Thurlow. De quoi nous faire oublier la pauvreté et la tristesse d'East Hastings. Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu tourner a droite puis aller tout droit, traverser cette zone sombre, macabre et sale, infestée de drogue, d'alcool, de folie et de putes. Certainement pour voir à la lumière du jour ce que tous les habitants de Vancouver cherchent à oublier. Tout sera nettoyé pour les Jeux Olympiques de 2010, comme ils disent. Pour que le monde ne voie pas qu'à un ou deux blocs à peine des boutiques de luxe du centre-ville, là où Hastings passe à l'Est, ca pue la mort et l'oubli.
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"On any given morning on the corner of East Hastings and Columbia in front of the Radio Station Cafe, a drug dealer can make up to $35,000. Their customers approach them in a nonchalant fashion, do their business and quickly scuttle off in various directions. Some may venture back to their hotel rooms, rented out at cheap monthly rates. Many will drift into the nearest alley and quickly dose. But these days, most will probably walk into Insite, Vancouver's highly publicized and contentious safe injection facility, open to all and just eight doors down.
15,000 NEEDLES ON THE WALL, YOU TAKE ONE DOWN, PASS IT AROUND . . .
Even on the slowest day, the Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU) estimates that nearly 15,000 heroin injections take place in the Downtown Eastside, and Tyrone Caldwell, 39, used to take his fair share." (suite)[The Manitoban, Volume 94 Issue 13, 15 Nov. 2007]